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Imprimer la pageSANTE : Le sens de la vie au coeur des établissements de santé

Gérer les ressources humaines dans un établissement de santé consiste parfois à accepter le rôle de Ethan HUNT dans un épisode de Mission Impossible. Imaginez un monde où tout le monde court, 24 heures sur 24, dans tous les sens, en pyjama, les pieds dans des sandales en caoutchouc rose, 42 stylos multicolores dans une poche, un stéthoscope dans l’autre. Ca sent le désinfectant, d’autres odeurs non identifiées, l’éclairage est blanc, les murs sont verts, les brancards croisent des chariots, des lits vides ou occupés, des fauteuils roulants, entre lesquels se faufilent pêle-mêle, patients, soignants, ambulanciers et personnel d’entretien.

Tout ce petit monde de la santé n’a qu’un objectif, qu’une obligation, qu’une préoccupation : la santé du patient. Pour sécuriser cette activité, il faut disposer en permanence de l’effectif nécessaire d’infirmières, d’aides soignantes, d’auxiliaires de services logistique. Ni trop, car ça coûte cher, ni trop peu car la sécurité du malade est en jeu.

L’obsession numéro 1 du service Ressources Humaines : pourvoir à toute heure et tous les jours les équipes en personnel compétent, diplômé et expérimenté. Le besoin peut être permanent, suite à un départ, ou ponctuel, du fait d’une absence. Pour relever ce défi, tous les moyens sont mis en œuvre : recrutement en direct ou par l’intermédiaire d’un cabinet, recours à l’intérim, sollicitation de vacataires pour un jour, une nuit, quelques jours ou plus si affinités. La demande est forte, l’offre très faible. Voilà ce qu’on appelle un marché tendu ! La concurrence est rude entre établissements de santé, qu’ils soient du secteur public, privé à but lucratif ou ESPIC (établissement de santé privé d’intérêt collectif, c’est à dire à but non lucratif). Le choix du candidat ne se fait pas sur la notion de rémunération, elle varie peu d’un lieu à un autre. Les conditions de travail, les avantages non financiers (ex : le nombre de jours de congés), l’ambiance de travail, la qualité du matériel mis à disposition, le physique du médecin, ou, plus sérieusement, l’intérêt du poste, les perspectives de carrière et de formation comptent pour beaucoup dans la décision prise par le futur salarié.

Le secteur hospitalier est un monde très féminisé. Sans tomber dans un machisme primaire, cela constitue néanmoins une spécificité à prendre en compte en matière de gestion des ressources humaines. Le mode de relation inclut une dose plus importante d’affectif. L’équilibre vie privé/vie professionnelle revêt une importance plus grande. Le besoin de soutien social (des collègues, de la hiérarchie) est plus accru. La réaction face au stress est différente. Le courage, la volonté et l’engagement de toutes ces dames, jeunes ou moins jeunes (et des quelques hommes qui complètent leurs équipes !) méritent notre respect et notre admiration. Vivre au cœur d’un monde qui n’est que souffrance, déchéance physique, mentale voire sociale, où la mort rôde à tout moment, tout en gardant le sourire, en accordant un mot un geste à chaque patient pour l’apaiser, le rassurer, calmer sa colère ou son angoisse relève d’une grande force morale et d’une éthique à toute épreuve. Certains sont hommes de chiffres, elles, elles sont femmes de l’être. L’humain, l’humanisme, l’humanitude sont leur pain quotidien. La prise en compte de l’individu, le respect de chaque personne, voilà leur credo quotidien.

Jeune lycéenne, élève de terminale, salarié en reconversion, si tu te destines au métier de soignant, sois prévenu de sa difficulté, de ses contraintes. Mais, soulager la souffrance et apporter du bien être à des hommes, femmes ou enfants touchés par la maladie ou l’accident apportent une belle satisfaction : celle de se sentir utile.  Soignant, un métier qui a du sens sur les mains.

 

Antoine WINTER
Directeur des Ressources Humaines du Groupe Hospitalier St Vincent
Conseiller en relations sociales de la Fondation Vincent de Paul