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Imprimer la pageNous devons réinventer les modèles de formation continue

Avec 7000 stagiaires, 500 000 heures de formation dispensées dans des secteurs aussi variés que la santé, le droit, la gestion, le management, l’international ou la chimie, le service Formation Continue de l’Université de Strasbourg occupe une des toutes premières places en France. La majorité des stages est d'ailleurs dédiée au monde professionnel, 50% des formations sont diplômantes, l’autre moitié est composée de stages courts sur-mesure.

Cependant, le paysage de la formation a considérablement évolué ces dernières années, sur le plan juridique, social et technologique.

Cela a apporté un certain nombre de nouvelles obligations et exigences auxquelles il faut pouvoir répondre désormais de manière cohérente et globale.

Il s’agit donc d’innover et de créer de nouveaux modèles de formation continue.

La « forêt » des différents dispositifs et financements à la disposition des salariés et entreprises nécessite de plus en plus que les formations qualifiantes, Licences, Master ou Diplômes Universitaires soient souples et « capitalisables ».

En effet, un salarié qui veut reprendre des études doit obtenir à la fois la disponibilité et le financement équivalent à 10 ou 12 semaines de formation sur une année. Cela est possible pour un grand nombre, mais les contraintes d’organisation du travail et le morcellement des financements sont aussi un frein pour de nombreux candidats.

Il faut donc imaginer que entreprises et salariés puissent combiner et gérer ensemble des parcours d’évolution professionnelle sur 2 ou 3 ans, en fonction des financements, des disponibilités et de
leurs projets respectifs.

Une autre dimension importante de ces nouveaux modèles est l’enseignement à distance. En effet, la demande de formation hors temps de travail, exigence supplémentaire de souplesse, alliée aux évolutions technologiques, pousse en faveur du e-learning. Beaucoup de modèles développent le concept de « blended Learning » (combinaison de formation à distance et en salle) et proposent des modules courts de formation sans lien avec des parcours qualifiants capitalisables.

Il s’agit de penser et concevoir des parcours qualifiants, des diplômes qui allient à la fois souplesse et réponse en modules courts de formation continue.

Le développement de la formation tout au long de la vie et la validation des acquis et de l’expérience trouveront aussi une réponse plus pragmatique dans ces nouvelles architectures.

Ces nouveaux modèles de formation continue pourront surtout apporter plus de cohérence aux différents financements de la formation (à la fois publics et privés).

Ils permettront également aux salariés et employeurs de construire ensemble des parcours professionnels sécurisés. Pour compléter cette demande, l’Université devra aussi montrer qu’elle est capable d’apporter une aide à la gestion de ces parcours, en développant les outils nécessaires à un tel accompagnement.


Marc PONCIN,
Directeur du Service Formation Continue
de l’université de Strasbourg